JO 2024 : redonnons ses couleurs au sport pour tous !

Athlètes, bénévoles associatif.ve.s, enseignant.e.s, élu.e.s ou citoyen.ne.s engagé.e.s en faveur du sport, nous prenons acte de l’organisation à Paris des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 et souhaitons faire de ces Jeux une grande fête populaire dans notre pays. Pour y parvenir, les populations locales, les sportifs et sportives, les bénévoles des clubs, les enseignant.e.s, les élu.e.s locaux, toutes celles et ceux qui font vivre le sport au quotidien dans notre pays doivent y être pleinement associé.e.s.

Les Jeux reviennent en France, un siècle après leur dernière édition à Paris. Cela peut être une chance, à l’heure où le mouvement olympique, de l’avis de tou.te.s, doit prendre un nouveau départ. Nous notons d’ailleurs que Paris l’a emporté en revendiquant un projet de Jeux « sobres », « solidaires », « durables » et la promesse d’un héritage au bénéfice des populations. Il est temps de réinvestir les valeurs olympiques, au risque de les voir dépassées par celles du marché.

Lucides, nous mesurons aussi que le défi est de taille : maintenant que la candidature est retenue, le plus difficile reste à faire. Car nous le savons, dans notre pays, le mouvement sportif repose sur trois piliers fondamentaux : l’enseignement de l’éducation physique et sportive, l’engagement associatif, et l’investissement des pouvoirs publics, notamment locaux. Nous n’opposons pas les athlètes de haut niveau et les performances qui s’expriment aux JO au « sport pour toutes et tous », puisque les deux sont étroitement liés : les premiers sont issus du second.

Dans notre pays, c’est le maillage de tout le territoire en sections, clubs et fédérations sportives associatives qui permet à l’immense majorité de s’émanciper collectivement par le sport, et à quelques-un.e.s d’être repéré.e.s et formé.e.s pour accéder à l’excellence. Il n’y a pas de podium olympique sans tournois du dimanche matin dans des stades de quartiers ; pas de médaille sans éducatrices, éducateurs ou dirigeant.e.s de clubs bénévoles. C’est dans nos territoires et dans la proximité de l’association que le modèle sportif français se construit.

Cela n’a pas de prix, mais un coût en temps, en énergie, et en soutien matériel et financier de la sphère publique (subventions, équipements…). Les associations sportives regroupent 3,5 millions de bénévoles et 16 millions d’adhérent.e.s. L’investissement public pour le sport représentait en 2013 18 milliards d’euros, dont 12 provenant des communes.

Dans le même temps, nous constatons aussi une tendance nette au désengagement de l’Etat : pour 2017, les dotations du Ministère des Sports étaient de 261 millions d’euros, soit moins de 1% du budget de l’Etat, dont seulement 44 millions d’euros dédiés à la « promotion du sport pour le plus grand nombre ». Dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint, les collectivités territoriales ne peuvent plus assurer seules les nécessaires rénovations ou livraisons de nouveaux équipements sportifs, ni soutenir à la hauteur des besoins le mouvement associatif. En bout de chaîne, ce sont les millions de licencié.e.s qui souffrent de cette situation.

La Ministre des sports voudrait impulser une dynamique de 3 millions de pratiquants supplémentaires d’ici 2022, comment allons-nous les accueillir ?

« L’héritage » des JO parisiens se prépare donc dès maintenant, pour que cet événement soit bien une vitrine du sport français, et non un simple trompe-l’œil. C’est dès maintenant qu’il faut prendre une décision politique. Pour être à la hauteur, l’héritage ne peut pas simplement se mesurer à la hauteur des grands équipements construits et au nombre de médailles, mais aussi au nombre de licencié.e.s gagné.e.s et d’équipements sportifs de proximité construits ou rénovés durant les six ans qui nous séparent de 2024.

En bref, les JO seront un succès s’ils font progresser la culture sportive dans notre pays.

Face à cette échéance, il y a désormais urgence. Nous en appelons donc solennellement à un engagement de l’Etat sur trois chantiers essentiels :

  1. le lancement d’un plan de construction-rénovation d’équipements sportifs de proximité ;
  2. un plan d’aide aux associations sportives, particulièrement dans les villes et quartiers populaires ;
  3. des moyens permettant de redonner toute sa place à l’EPS et au sport scolaire auprès de la jeunesse.

Pour la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques, pour en faire une grande fête populaire et redonner corps aux valeurs de l’olympisme, qui visent à « allier le sport à la culture et l’éducation », nous lançons cet appel : redonnons des couleurs au sport pour tou.te.s dans nos villes et nos quartiers !

Ils et elles ont déjà rejoint l’appel :

US Ivry OmnisportsClub d'Ivry-sur-Seine (94)
Club Olympique Multisport (COM)Bagneux (92)
Office Municipal des Sports (OMS)Vitry-sur-Seine (94)
US Ivry HandballClub de D1
Paris Tag Rugby
US Créteil Natation (94)
FSGTComité département du Val-de-Marne
Jean-Pierre FAVIERPrésident US Ivry Omnisports
Audrey PRIETO-RODRIGUESPrésidente US Métro, championne du monde de lutte
Pascal ETIENNEDélégué départemental de l’Union Sportive de l’Enseignement du Premier degré (USEP)
Benoit HUBERTsecrétaire national du SNEP-FSU
Marie-George BUFFETdéputée, ancienne ministre de la jeunesse et des sports
Jacqueline BELHOMMEMaire de Malakoff
François RUFFINDéputé
Romain MARCHANDMaire-adjoint (Ivry-sur-Seine)
Jean-François DAVOUSTCGT Sport, coordonnateur du collectif CGT JOP2024 et dirigeant sportif
Régis JUANICODéputé
Daniel VALADOUXPrésident ASNC Escalade (Noisy-le-Grand)